La charte morale des transactions : pour être bon acheteur ou vendeur sur Leboncoin

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Devant le nombres d' »incivilités » ou arnaques rapportées par mon entourage lors des discussions autour du café et de mon irritabilité d’être victime d’un manque de politesse de la part de mes acheteurs sur Leboncoin, il me semble devoir rappeler à certains l’art de la politesse.

Ci-dessous la charte morale des transactions Leboncoin. Elle est à compléter avec la contribution des internautes. Si vous avez des remarques, n’hésitez pas à la commenter ; je mettrai à jour la charte en conséquence.

1. Mon devoir en tant qu’acheteur

1.0. J’évite d’envoyer un mail aux vendeurs pour simplement leur demander si l’objet est disponible.

Bien que les vendeurs soient encore nombreux à oublier les annonces périmées en ligne, je prends au moins la peine d’aller une étape plus loin et pose mes questions sur l’objet dans le même mail (« s’il est encore dispo, pouvez-vous me dire dans quel état il est bla bla bla[…] merci d’avance« ).

1.1. J’utilise des formules de politesse au début et à la fin de mes mails (« Bonjour, », « Merci par avance », « Cordialement », « SVP »…).

Le vendeur est un être humain comme moi, et comme moi il a droit au respect d’autrui. Cela est valable aussi pour les communications orales.

Si je ne suis pas convaincu par cet argument, il est temps pour moi de méditer sur mon passé, sur mon éducation, et éventuellement réfléchir à refaire un détour par la case école.

1.2. Lorsque je me déclare intéressé par un objet, je suis engagé « moralement » à me rendre disponible pour une rencontre, et donc une potentielle transaction, et ce, jusqu’à ce que je mentionne de ma propre initiative au vendeur que je ne suis plus intéressé par l’objet.

Attendre la prochaine communication du vendeur pour le lui annoncer est extrêment malpoli, et pour cause, le vendeur est en train de s’organiser pour me rencontrer.

Si je ne suis pas convaincu par cet argument, il est temps pour moi de méditer sur mon passé, sur mon éducation, et éventuellement réfléchir à refaire un détour par la case école.

1.3. Je préviens le vendeur suffisamment à l’avance de mon souhait de me désister / désinstéresser de l’objet.

Le plus tôt est le mieux, et au plus tard, une demie-journée (genre 6 heures au plus tard) avant la transaction (le délai horaire peut varier à la hausse en fonction des efforts à fournir nécessaires de la part du vendeur pour organiser la vente).

Si je ne respecte pas ce délai, je m’excuse platement et fournis une justification plausible et tangible (exemple: « Finalement, après un imprévu financier de dernière minute, je ne pourrai pas acheter votre objet » tiendrait la route pour un objet de plusieurs centaines d’euros, mais pas pour un truc à 10 €).

Les excuses de type « Ma femme va accoucher » ou « Ma maison est en flammes » ne sont évidemment pas crédibles. Faire le silence radio est encore plus malpoli et irritant, et c’est une attitude à proscrire absolument.

« Je vous appelle pour m’excuser parce que finalement mon oncle m’a revendu son smartphone actuel, comme c’est de la famille, je lui ai fait confiance, donc du coup je n’ai plus besoin d’acheter le vôtre, mais je peux voir autour de moi s’il y a du monde intéressé » est le genre d’excuse idéal, par exemple.

Si je ne suis pas convaincu par cet argument, il est temps pour moi de méditer sur mon passé, sur mon éducation, et éventuellement réfléchir à refaire un détour par la case école.

1.4. Je lis bien l’annonce avant de poser une question.

Si la réponse à ma question est dans l’annonce, je me couvre de honte et je sors dans la rue avec un sac sur la tête pour éviter qu’on me reconnaisse. Si par contre l’annonce est incompréhensible ou écrite en hiéroglyphes / langage SMS, là je peux me permettre de dire que je n’ai pas compris.

1.5. D’ailleurs, j’évite moi-même de d’employer du vocabulaire SMS dans mes communications.

Si je ne sais pas écrire, je retourne à l’école. Si j’ai un doute, j’emploie ce site, particulièrement efficace pour trouver la conjugaison ou l’orthographe d’un mot en français: http://www.google.fr

1.6. Je n’appelle pas un vendeur à des heures indues.

Entre 21h et 10h du matin, il est en général indélicat d’appeler des gens dont on ne connait pas le train de vie. Entre minuit et 6h du matin, c’est carrément une agression.

1.7. J’évite de proposer un prix dérisoire, un échange d’objets, ou une livraison en contre-remboursement (de surcoît au Nigéria) au vendeur.

Pour le prix, le vendeur est prêt à négocier (sauf indication contraire dans l’annonce, dans quel cas, je n’insiste pas), mais pas dans des proportions peu raisonnables pour lui.

Pour l’échange, j’évite. Si un vendeur vend sur Leboncoin, c’est pour se faire de l’argent, tout en se débarassant d’un objet dont il n’a pas usage, et ainsi libérer de l’espace dans son appartement. Il y a donc peu de chance que mon lave-linge l’intéresse en échange de son PC portable (ou mon casque Beats en lieu et place de sa Nintendo DS, ou mon iPhone à la place de son Samsung Galaxy…etc.). Je garde à l’esprit que si un vendeur convoite un objet en particulier, il l’aurait mentionné explicitement dans l’annonce.

Pour le contre-remboursement, les vendeurs ne sont pas – tous – des imbéciles, et savent repérer la plupart des arnaques. Si vous être trop méfiant, vous n’êtes pas éligible à acheter sur Leboncoin. Rendez-vous plutôt sur ce site, qui vend à peu près tout en neuf (ou même d’occasion) et à bon prix : http://www.amazon.fr

1.8. De manière générale, j’évite de prendre le vendeur pour un jambon.

Dans la majorité des cas, le vendeur est plus « intelligent » et « professionnel » que moi (c’est un peu le boulot d’un commercial, même si tous les vendeurs de Leboncoin ne sont pas des commerciaux, loin s’en faut).

1.9. Je garde bien à l’esprit qu’une transaction repose sur une relation de confiance et que le vendeur en a conscience aussi.

Si je sens que ce n’est pas le cas, je vais voir ailleurs.

Si je suis sur le point de me faire avoir, j’ai tous les éléments censés me permettre de le flairer avant d’acheter (prix trop bas, ambiguité non clarifiée…etc.).

Si je ne l’ai pas fait, c’est soit que je ne suis pas assez expérimenté en la matière (on apprend de nos erreurs), soit que je n’ai pas été assez prudent (soit les deux).

Je garde à l’esprit que les arnaques correspondent à moins d’un 1 % des transactions Leboncoin et que certains objets sont plus susceptibles d’être des arnaques que d’autres (c’est notamment le cas de l’informatique de produits bas de gamme en provenance de Chine, par exemple).

1.10. J’évite de demander au vendeur de se déplacer s’il mentionne un périmètre de vente dans son annonce (chez lui, autour de chez lui…etc.), ou s’il vend un objet trop volumineux qui nécessite beaucoup d’efforts de déplacement. Cette mesure est d’autant plus forte si je ne suis pas sûr que je vais acheter l’objet.

Le vendeur Leboncoin n’est pas obligé de se plier en quatre pour satisfaire mes caprices. Si je suis paraplégique, je mandate un ami / proche pour effectuer la transaction à ma place, tout en restant en contact avec lui en cas d’imprévu par rapport à l’annonce, ou de question de la part de mon mandaté avant d’effectuer la transaction.

1.11. Je garde à l’esprit qu’il vaut mieux pour ma réputation et mon image que si le vendeur est poli, courtois et professionnel, que je finisse par acheter l’objet.

Lui faire faire les 400 coups pour finalement refuser l’achat parce que je veux encore réfléchir ou que je suis hésitant est extrêmement malpoli et mal vu.

Si je ne suis pas convaincu par cet argument, il est temps pour moi de méditer sur mon passé, sur mon éducation, et éventuellement réfléchir à refaire un détour par la case école.

2. Mon devoir en tant que vendeur

2.0. Mon premier devoir est de faire en sorte que tout soit le plus simple possible pour l’acheteur. Je rédige une annonce claire, en bon français (comme pour les acheteurs, Google est mon ami), et surtout complète.

2.1. Toute contrainte / restriction que j’impose aux acheteurs doit être duement justifiée.

Par exemple, si je vends un objet de valeur susceptible d’être volé à l’arrache, j’emploie cet arguement pour dire aux acheteurs que je ne le vends que chez moi en intérieur.

Si je vends un meuble gigantesque, cela va de soi que je n’irai pas le vendre à la gare ou station de métro du coin. Pour autant, j’évite de traiter ouvertement de sombre crétin l’acheteur qui me le demande, même s’il l’est vraiment.

2.2. J’ai un devoir moral de transparence envers les acheteurs. Je mentionne explicitement les défauts, même mineurs, de l’appareil que je vends.

Contrairement à ce que je pense, cela ne va pas diminuer les chances de ventes, mais plutôt mettre les acheteurs intéressés malgré ce défaut en confiance, parce qu’ils ont pris conscience de mon honnêteté.

2.3. Je m’engage à ne jamais abuser de la confiance d’un acheteur, même si c’est un pigeon. Un acheteur est un être humain comme moi et aspire au respect d’autrui.

Si je ne suis pas convaincu par cet argument, il est temps pour moi de méditer sur mon passé, sur mon éducation, et éventuellement réfléchir à refaire un détour par la case école.

2.4. J’emploie des formules de politesse dans chacune de mes communications, orales ou écrites (« Bonjour, », « Merci », « Au revoir », « SVP »…etc.)

2.5. Bien qu’ayant à l’esprit que de nombreux acheteurs de Leboncoin sont des radins sans équivalent, et qu’ils chercheront toujours à tirer un peu trop sur la corde côté prix, je ne perds pas patience, je refuse toujours poliment une offre qui ne m’intéresse pas, et dans l’idéal, je justifie pourquoi (« Vous comprenez qu’au vu du prix du marché, je ne peux pas vous le vendre à un prix aussi bas »).

2.6. Dans la mesure du possible, et sans me laisser berner, je fais des contre-offres aux acheteurs si leur proposition est trop peu intéressante et que j’ai du mal à vendre un objet. Je baisse le prix très progressivement.

2.7.
Si un acheteur m’écrit un mail dont la réponse est dans l’annonce ou qui n’a pas de sens, au choix, je lui réponds très poliment, ou pas du tout si j’ai mentionné dans l’annonce que je ne le ferai pas.

L’idéal serait de publier en tête d’annonce un truc comme ça:

NE PAS ME CONTACTER POUR:
– ME DEMANDER LA DISPONIBILITÉ DE L’OBJET (C’EST « OUI »)
– ME PROPOSER UN PRIX DÉRISOIRE
– UN RDV DANS UN LIEU NON INDIQUÉ DANS L’ANNONCE
– UNE LIVRAISON A DISTANCE
– UN ÉCHANGE D’OBJETS
J’INSISTE, JE NE RÉPONDRAI PLUS A CE GENRE DE MAILS !!!
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Dans ce cas, l’acheteur comprendra de lui-même qu’il n’a pas respecté ces règles s’il n’obtient pas de réponses.

2.8. Une fois que je me suis engagé à vendre un objet, je fais le possible pour satisfaire ma part du contrat (lieu de rencontre, à l’heure, avec un objet qui correspond à l’annonce).

En cas d’imprévu (objet défectueux ou vendu à une personne de confiance – proche ou ami -), je préviens l’acheteur de ma propre initiative et au plus tôt, en apportant un argument de poids et en m’excusant platement.

Dans l’idéal, je préviens l’acheteur maximum 6h avant la vente (le délai horaire peut varier à la hausse en fonction des efforts à fournir nécessaires de la part de l’acheteur pour organiser la vente).

3. Pour éviter les arnaques

3.0. Que je sois acheteur ou vendeur, je privilégie de très loin les transactions en espèces et de visu.

Si je dois conclure une transaction à distance, je privilégie les paiements PayPal si je suis acheteur (je peux me faire rembourser en cas de problème – à confirmer), ou les virements bancaires (non SEPA !) si je suis vendeur.

3.1. Si je suis vendeur, j’évite de me faire payer par chèque.

En effet, contrairement aux chèques, l’acheteur ne peut pas récupérer son argent une fois versé sur votre compte de vendeur avec un virement bancaire.

Pour le chèque, si l’acheteur déclare le chèque comme étant perdu ou volé, l’argent peut être redébité de force du compte du vendeur. L’arnaque idéale, même s’il y a des recours (longs et coûteux en général).

3.2. Que je sois vendeur ou acheteur, je garde à l’esprit que l’envoi d’espèces par la poste est illégal et qu’il y a donc très peu de recours en cas d’arnaque par cette voie.

3.3. En tant que vendeur, j’évite l’envoi en contre-remboursement ; cela va occasionner pour moi des frais d’envoi supplémentaires, et si l’acheteur refuse le colis, j’aurai perdu beaucoup d’argent pour rien.

3.4. Pour vendre de petits objets de valeur (smartphone, bijoux…etc.) ou de gros objets fragiles (guitare électrique), j’évite les lieux trop fréquentés (centres commerciaux, stations de métro…etc.) pour éviter les vols à l’arraché, ou les endroits où les intempéries ou l’environnement pourraient endommager l’objet.

J’évite par exemple de vendre une guitare électrique ou un Mac dans un parc sous la pluie, ou un smartphone à la sortie d’une station de métro (risque élevé de vol par fuite).

3.5. Si je suis acheteur, je n’achète à distance qu’en cas d’extrême nécessité. Je privilégie toujours les rencontres physiques.

Je n’effectue un virement qu’à un vendeur que j’estime de confiance. Dans l’idéal, je prends note d’un maximum de ses coordonnées et lui demande une photocopie de sa carte d’identité, que j’examine avec précision pour être sûr que c’est une vraie.

3.6. En tant qu’acheteur, je garde quand même à l’esprit que les recours seront difficiles si je me fais arnaquer après un virement bancaire (ou même un chèque, mis à part tenter de le déclarer volé).

Difficile de statuer les bonnes règles en termes de vente à distance sur Leboncoin. L’un des deux camps doit forcément faire preuve d’un excès de confiance par rapport à l’autre. Ce pourquoi cette charte encourage par dessus tout les transactions physiques.

Comment font les assurances pour vous facturer des services dont vous n’avez pas besoin : le décryptage

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Nombreux sont ceux dans mon entourage étant victimes de ce que nous qualifions tous d’arnaque aux assurances ; en France, il est légion de se retrouver à payer plein de services d’assurance dont nous n’avons que faire (assurance en double, situation dans laquelle nous ne pouvons pas nous retrouver…etc.).

Mais de quelles ruses jouent ces compagnies d’assurance pour nous pousser à nous retrouver dans cette situation ?
Ayant été victime de cette « escroquerie » récemment, voici l’explication.

J’ai souscrit en mai 2014 auprès de la MAAF à une assurance auto (obligatoire en France) tout risques. Lors de la souscription de mon contrat, ma conseillère m’a informé qu’à la MAAF, il n’est pas possible de souscrire à cette assurance sans souscrire à quelques formules de prévoyance à côté (à l’intérêt discutable comme vous pourrez le voir) :

  • Tranquillité famille – pour couvrir les tracas de la vie quotidienne subis par moi et ma famille… je suis célibataire (et pas trop casse-cou non-plus) – 54€/an
  • Perte de revenus – si je me fais virer, je peux toucher 30 balles au bout de 3 mois sans emploi (évidemment une somme ridicule 🙂 ) – 80€/an
  • Assurance décès – si je casse ma pipe, ma famille se voit verser dans les 15000€ (super… je suis jeune et en bonne santé, qu’est-ce que j’en ai à foutre ?) – 18€/an

Et tout ça pour couvrir son auto. 🙂

Le pack de ces trois assurances s’élève à 152€/an, ce qui est dérisoire par rapport au prix total du pack avec l’assurance auto dedans (dans les 1400€/an de mémoire).
De quoi « noyer » l’information aux yeux du client.

En France, normalement, une assurance ne se résilie qu’au terme de son « année de paiement » ; en effet, si vous avez souscrit en mai 2014, et que vous décidez en juin 2015 que vous n’en voulez plus, vous devez payer toute l’année qui vous reste entre mai 2015 et mai 2016 (ce qui fait une bagatelle).

Ayant reniflé l’arnaque, les élus de notre pays ont mis en place une loi appelée la Loi Hamon, qui permet à n’importe qui de résilier n’importe quand une assurance auto/habitation après sa première année. Dans le cas précédent, si la personne ne veut plus de son assurance en juin 2015, elle pourra mettre fin au contrat (et les paiements qui vont avec) en juillet 2015 (un mois de préavis).

C’est exactement ce que j’ai fait avec mon assurance auto pour payer moins cher chez un concurrent. Sauf que… la Loi Hamon ne concernant que l’assurance auto et habitation, les autres assurances de mon « pack » (les 3 assurances de prévoyance qui ne servent à rien) n’ont évidemment pas été résiliées automatiquement avec l’assurance auto. 🙁

Pourquoi je ne m’en aperçois qu’un an après ?
Eh bien… parce qu’en résiliant mon assurance auto (que j’ai peu ou prou payé d’avance), je possédais un crédit de quelques centaines d’euro à la MAAF, me permettant, pendant plusieurs mois, de couvrir ma cotisation de mon assurance habitation (qui est à 19€/mois).

Sauf que… ce que je n’ai pas vu venir, c’est que j’avais payé d’un coup les assurances prévoyance de l’année 2014-2015 avec mon assurance auto… mais je dois désormais les payer sur l’année 2015-2016, puisque je ne les ai pas résiliées. Vous comprenez ? 🙂
Moi aussi j’ai eu du mal…

En conséquence de quoi :
– Je passe à 40€/mois de côtisation entre mon assurance habitation (que je veux) et ces 3 assurances (que je ne veux pas).
– Je dois envoyer un LRAR à la MAAF pour demander explicitement la résiliation de ces 3 assurances, qui seront donc résiliées le 31/12/2016 (à condition que j’envoie le courrier avant le 31/10/2016).
– Comme je ne suis pas content de l’issue de ce litige, je vais aussi aller voir un concurrent qui résiliera pour moi l’assurance habitation auprès de la MAAF et m’en offrira une moins cher en échange. xD

Bref, vous connaissez la chanson… c’est la MAAFia
(La MAAF n’est citée qu’en exemple dans l’article, mais d’après les bruits qui courent, toutes les sociétés pratiquent plus ou moins intelligemment ce même type de ruse).

Et vous, avez-vous connu une expérience similaire avec votre assurance ? N’hésitez pas à partager ! 🙂

Cette article est paru en premier sur Chartouni.fr

Test d’Opera 37: le navigateur norvégien qui renait de ses cendres



Cela fait un moment maintenant qu’il n’avait plus fait parler de lui. Le célèbre navigateur norvégien, Opera, (modeste) concurrent de Firefox vers le début des années 2000. Battu à plate-couture par son concurrent au renard de feu panda roux, Opera renait de ses cendres et remplit l’actualité.

Tout d’abord, à travers son rachat par la Chine début 2016 (par le groupe Golden Brick Silk Road). Ensuite, à travers les innovations qu’il apporte (VPN gratuit et bloqueur de pubs intégré nativement).

Certes, tout ça c’est bien, mais à l’heure où tout le monde est passé à Chrome (ou presque), leader incontesté des navigateurs Internet, que vaut-il vraiment ? Je me suis retroussé les manches et l’ai (assez rapidement) testé.

Premier reproche : l’importation des favoris de Chrome, bien qu’elle soit proposée, n’est pas aussi pratique que lorsque je l’ai fait dans Firefox. Les favoris de ma barre de favoris ne se sont pas automatiquement incluses dans celles d’Opera. J’ai donc dû jouer à les glisser-déposer un à un et les renommer à la volée. Pas très pratique, mais pas très grave.

Ensuite, concernant ses promesses de navigation rapide, elle est partiellement tenue: certains sites se chargent effectivement plus vite (Cdiscount notamment et feed Facebook), d’autres pareil que Chrome (Chartouni.fr, RefundMyTicket.net, services Google…) et enfin d’autres, beaucoup plus long (TripAdvisor long à charger, page de login de Facebook qui met 10 secondes à s’afficher, et ça va jusqu’à Rue Du Commerce, où là le chargement va même jusqu’à paralyser le navigateur pendant plusieurs minutes !). Bref, pas au top sur cet aspect, Opera…

De plus, lorsqu’on refresh la page en plein chargement, voilà le résultat:

Le chargement de la page se bloque sur un contenu improprement chargé.

Autre remarque: alors que je rédige ces lignes (avec Opera, vous l’aurez deviné), l’écriture des lettres s’est soudainement mise à se reproduire à l’écran très en décalage et très lentement par rapport à la vitesse à la quelle je tape: Allez comprendre!

Et c’est là que je m’aperçois (bien que je ne sache pas si c’est lié) qu’Opera est le process le plus consommateur de mémoire sur ma machine, et que par moments il sollicite le processeur à 100%.

En outre, si la page d’accueil est plutôt agréable…

…elle ne pardonne pas ça:

Comme mentionné dans mon dernier article sur Firefox, Flash, c’est vraiment obsolète. Et ça n’a pas sa place dans un navigateur moderne!

Si je n’ai rien à redire vis-à-vis de l’absence de publicité, j’ai voulu tester la fonctionnalité du VPN, mais elle n’est pas encore disponible:

Encore une promesse non (encore) tenue?

Autre petit détail génant: si on ne clique pas bien au milieu des autres onglets (si on clique un peu trop vers le bord haut de l’écran, ce qu’on a souvent tendance à faire), l’onglet ne s’ouvre pas. Ca a l’air de rien, mais à la longue, c’est super agaçant!

Enfin, last but not least: dès le début de mes tests, il m’a fallu cliquer accidentellement sur des liens un peu douteux pour essuyer une rafale de pop-ups pas « propres » et d’alertes de la part de mon antivirus: mon PC s’est fait submergé de malwares! Une chose qui ne m’était pas arrivée depuis des années sous Chrome, car le navigateur bloque lui-même l’accès à ces liens potentiellement dangereux.

Heureusement, rien de bien grave, puisque je dispose sur mon PC d’un arsenal contre ce genre de menaces, mais quand même…

Au final, ça fait un peu léger la jolie interface cache misère…

Pour le moment, je reste donc sous Chrome.

Note: 1/5

Avantages
Inconvénients
+ Le design assez sympa
+ La navigation sur certains sites plus rapide…
– …mais globalement plus lente que Chrome
– La difficulté à importer les favoris et à changer d’onglet
– La passoire à malwares
– L’absence du VPN dans la version actuelle
– Les problèmes de performances
– La dépendance à Flash, éliminatoire

Configuration:
– Windows 7
– Core 2 Quad Q8200
– 8 Go de RAM
– SSD Crucial
– Connexion Internet Orange fibre optique 500 Mbps (130+ Mbps down sur Speedtest)

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